flash

il est des absences de mots et de corps
des absences de vie
plus terribles que la mort meme.

il est des temps d oubliettes
ou l on se sent vaincu
avant que de combattre.

il est des soifs atroces
ou l on est tari et seul,
seul enfoui dans la terre,
pres d une source,
pres de l eau, l eau !

il est des moments de charogne
ou le cœur est a vendre
et la chair aux encheres

j ai souvenance
de l amour jadis.
de la lumiere native
inondait mes vallees.
je sculptais des etres de quartz
auxquels, je donnais le geste.

aujourd hui,
me viennent des chants d etincelles
qui me font de sang
avant l ombre

je m enduirais de boue brulante
purificatrice.

la sente de l eternite
passe toujours par le calvaire
et le calvaire est toujours effroyable

je sais des gouffres et des enfers
innommes car innommables.

je sais des aurores plus grandioses
que la femme matricee
la femme est outil de l absolu,
elle n est pas la fin.
l homme fraichement emascule
lui ressemble tant
avec sa plaie beante.

qu elle est longue
l attente de la sublimation
et combien rocailleux
le chemin du verbe.

apres sera toujours diamant
maintenant est
tenebres et lepre et pustules.

il est faux de croire
que l emeraude se reconnait des cailloux,
mais il est vrai que l emeraude
n est pas caillou.

je suis le prophete sans la voix
qui preche dans le vacarme !

l etat de proscrit est fertile
celui d inconnu, misere.

que ne suis-je, oiseau
sans once de savoir,
outre le vent, l espace et les nuages

je suis lombric sans cervelle
qui creuse son tunnel
avec l etrange premonition
d atteindre le magma incinerateur.

l etat de divin est plus simple
qu on ne le croit
quand on est fou de soi

des silences ont couverts
les gueules de mes volcans,
je sais la pellicule mince
et l opercule fragile,
je sais !

je saurais bien
d ici un siecle ou mille
crever toutes mes bouches
et laisser jaillir
hors de moi
mes laves
et mes eaux de vie
jusqu a la siccite de la momie.

ce n est pas l enveloppe
qui importe
ni meme les cancers indisciplines de l interieur
mais bien la parole du fou

je connais des sommeils
pareils a la tombe
et des reveils inondes de lumiere.

je sais des morts
qui deambulent.
je les sais, ejaculant des larves
gonflees de pus
dans des nids de circonstances.
moi, peut-etre ?
ceux-la sont humains
a la desesperance.

j ai froid !
ce matin, le ciel a perce les nuages
le soleil a suivi, comme jamais.

je me sens non definitif,
un en devenir, non repertorie, non encore

qu il me tarde le temps de la plenitude
et du verbe !